Faissoil SOILIHI  -  Président et Co-fondateur de l’Imad

“En faisant de l’accompagnement, la répression est audible (...) car la violence est le dernier maillon de la chaîne de nos erreurs”

La préfiguration pour l’installation de l’OVM a soulevé l’intérêt de définir un mode d'accompagnement dans le rapport qui peut exister entre la prévention et la répression. De cet accompagnement, viendra le moment de définir des méthodes et des outils, faisant en sorte que les associations deviennent “des instruments de contribution à la réflexion”. 

Le partage de l’information par l’ensemble des acteurs est l’opportunité de faire de l’Empowerment, le processus d’acquisition de pouvoir, qui non seulement invite à la transparence mais permet à tous les acteurs de pouvoir penser et agir dans un espace démocratique. A noter également, que faire un diagnostic n’est pas faire un état des lieux car le diagnostic implique une mobilisation des connaissances. 

Talleyrand: “Lorsque c’est urgent, c’est que c’est trop tard”. Il y a donc nécessité d’agir et d’arrêter de réagir face à des situations qui surviennent au jour le jour, en espérant que les choses s’améliorent alors qu’elles ne font qu’empirer. Coran; Sourate 13 et Verset 11: “En vérité Allah ne modifie point l’état d’un peuple, tant que les individus qui le composent ne modifient pas ce qui est en eux-même”. L’OVM est l’occasion pour Mayotte de réfléchir d’elle-même pour envisager un changement dans la durée. 

Attoumani ALI SAID - Rapporteur de l’Observatoire des Violences à Mayotte

“Cette jeunesse fait un appel au secours pour demander la présence de l’autorité, de la dignité et de la responsabilité”

L’objectif de l’OVM est d’abord de réussir la mise en synergie des acteurs dans la contribution des informations et de la connaissance pour faire un portrait des dynamiques sociales, en faisant en sorte que tous les acteurs participent à la définition du diagnostic. Il nous faut donc proposer une posture qui consiste à faire de l’analyse dans une démarche collective afin d’agir de manière concertée: “une co-construction de la sécurité avec un diagnostic qui soit commun et partagé”. 

Il est à rappeler que nous devrons être humble et reconnaître que nous avons failli. Il faudrait que chaque institution participe à cette démarche de collecte des données et permette de nous éclairer sur les réalités de violence. Il nous faudrait surtout dépassionner le regard que nous portons sur les violences et que notre positionnement s’appuie sur un travail d’analyse avant l’action. 

Nous sommes dans une société multiculturelle qui devrait inciter les pouvoirs publics à apprendre à parler aux cœurs et pour y arriver, la production des savoirs est un préalable incontournable. Il est question d’agir dans l’objectif de proposer un modèle Mahorais afin que la jeunesse définisse une vision pérenne dans son développement pour enfin sortir de cette “jungle fever”.